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Avocat spécialiste en droit du travail à Paris 14
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Le 31 décembre 2015

 

 

DEPART VOLONTAIRE OU LICENCIEMENT : LA CAROTTE OU LE BÂTON ?

 Le débat fait rage, comme en atteste le Journal « 20 minutes » dans sa livraison du 17 février sur les « ponts » financiers offerts aux volontaires d'une entreprise qui souhaite « dégraisser ».

 La CGT estime que les plans de départ volontaire ne respectent pas le Code du Travail qui imposerait un plan social avec ses contraintes, en raison de « pressions au départ ».

 Pour sa part, FO est plus souple, estimant que c'est toujours mieux qu'un « licenciement sec ».

 Pour la CFDT, le risque de refuser un départ « volontaire » est de se retrouver « au placard ».

 Alors, que faire ?

 Chaque salarié doit peser sa propre situation in concreto, et il n'y a pas de solution « miracle ».

 Pour ma part, je dis toujours que le choix est cornélien entre une indemnité de départ d'une part, et une éventuelle longue procédure d'autre part.

 Il est évident que le salarié âgé, qui n'a pas d'autres compétences, ni même d'autres centres d'intérêt que son travail, sans espoir ou sans volonté de changer de secteur professionnel, n'a pas comme intérêt majeur d'obtenir une prime de départ qui ne servira qu'à « faire bouillir la marmite ».

 Il a intérêt à plaider...

 En revanche, le salarié qui a pu développer parallèlement des centres d'intérêt (par exemple dans les loisirs ou le sport) ou qui a pu commencer à s'orienter professionnellement vers un secteur moins en crise et plus porteur (conception assistée par ordinateur, création de sites internet, etc...) peut avoir intérêt à accepter une prime de départ lui permettant de créer sa mini-entreprise, ou de déménager vers des régions moins hostiles à l'embauche.

 Indépendamment de la frilosité des employeurs français qu'ils tentent de justifier par les carcans du Droit du Travail, on ne peut nier la relative immobilité de trop de salariés français, rechignant dans leur majorité, même dans les bassins d'emploi sinistrés, à migrer à l'intérieur même du territoire français.

 Il est vrai qu'un salarié licencié à 50 ans en Lorraine ne se voit pas nécessairement rebondir à Toulouse, en perdant toutes ses attaches familiales et amicales d'origine.

 Les Anglo-saxons, et surtout les Américains, sont beaucoup plus mobiles.

 Ne sont-ils d'ailleurs pas à l'origine de la création du fameux mobil home, sorte de coquille d'escargot que l'ouvrier ou l'employé transporte d'une région à l'autre des Etats-Unis ?

 Sur ce point, mais c'est un autre débat, favoriser l'acquisition de sa maison défavorise la mobilité géographique.

 En conclusion : il appartient à chaque salarié de consulter un avocat spécialisé en Droit du Travail qui lui permettra d'avoir une appréhension concrète et personnalisée de sa situation en évitant l'uniformisation des actions de groupes, qui laminent par trop les aspects individuels de chaque cas d'espèce.

 Paris, le 19 février 2009